Cuisine

Le Prozac pousserait les crevettes au suicide. A première vue, une affirmation sans queue ni tête. C’est pourtant ce qu’ont découvert des chercheurs de l’université de Portsmouth dans une étude rendue publique le 4 juin dernier.
Tentons un petit éclaircissement. La molécule agissante du Prozac, la fluoxétine, est évacuée par les urines humaines. Elle se retrouve alors dans les cours d’eau, perturbant le métabolisme des pauvres crevettes. En effet, la fluoxétine n’est que partiellement dégradée par les stations d’épuration.
Des chercheurs de l’université de Portsmouth ont fait le test : ils ont plongé des crevettes dans une eau présentant une teneur en fluoxétine comparable à celle que l’on retrouve dans les cours d’eau à proximité des stations d’épuration. Résultat ? Des crevettes en plein délire ! Le crustacé, en temps normal particulièrement méfiant, se transforme en une petite bête incroyablement téméraire, s’aventurant à la lumière et dérivant à découvert. Autant dire que ce genre de comportements fait le bonheur de ses prédateurs…
Petite explication : les antidépresseurs agissent sur la sérotonine. Chez nous, cela donne un bon coup de peps au moral. Chez la crevette, il en est tout autrement : cette hormone favorise des comportements impulsifs et irresponsables.
La crevette est prise comme modèle en tant que maillon clé de la chaîne alimentaire mais d’autres poissons et crustacés subiraient un sort comparable. D’autre part, le Prozac est loin d’être le seul médicament à perturber la faune aquatique. On sait par exemple que les pilules contraceptives féminisent les poissons…
Sources
www.lepoint.fr
Retrouvez l'intégralité de l'étude sur ScienceDirect.
Claire Ory
Actualité du 23 juillet 2010
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Après la vache folle, la crevette folle…
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